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Hiroshima, Nagasaki, and the moral duty to remember: 80 years later, the work of peace remains

On August 6, 1945, and again three days later on August 9th, the cities of Hiroshima and Nagasaki became silent witnesses to the darkest potential of human invention, and the world changed forever. Two bombs. Over 200,000 lives lost. And with them, the illusion that humanity could wield absolute power without consequence.

The threat of nuclear conflict is no longer a distant memory

Eighty years have passed since those harrowing days, and the scars are still visible. On landscapes, bodies, and collective memory. But remembrance alone is not enough.

In 2025, the threat of nuclear conflict is no longer a distant memory but a terrifying possibility. Global powers are modernizing their arsenals. Nuclear weapons echo in war rhetoric. Missiles are being tested. Wars in Gaza, Sudan, or Ukraine remind us how quickly violence escalates, how human life becomes collateral. Hiroshima is not ancient history. It is a mirror held up to today.

That’s why the Community of Sant’Egidio alongside the Archdiocese of Nagasaki is organizing a  Vigil for Peace from August 5 to 8, 2025. Two symbolic chapels: the Chapel of the Sacred Heart of Jesus and Mary in New York, and the Chapel of Our Lady of Nagasaki in Japan  will remain open day and night, as spiritual beacons of memory and hope.

It is not just a commemorative gesture; it is an act of resistance. For 75 continuous hours, people of different faiths and backgrounds will gather to pray, to reflect, and to recommit to peace. The vigil will stretch across time zones, linking the Basilica of Urakami ground zero of the second atomic bombing to cathedrals and community spaces across the globe.

The work of peace is not naïve. It is disciplined.

The Community of Sant’Egidio is not new to the work of peace. From brokering the 1992 peace accords in Mozambique, to interreligious dialogues in Sudan, Ukraine, and the Democratic Republic of Congo, their legacy proves that peace is not a naïve dream but a courageous discipline. Their presence at the site of unspeakable suffering is a reminder: the work of healing does not belong only to history, it belongs to us.

What began with a prophecy of annihilation must now evolve into a promise of solidarity. Hiroshima and Nagasaki are not just cautionary tales. They are the result of power unchecked, of grief unspoken, of silence turned into complicity. But they are also stories of survival, resilience, and the sacred urgency of saying “never again.”

Let us not forget that the statue of Our Lady of Nagasaki, charred and cracked from the blast, now stands as a symbol of hope and intercession. From her scorched hands to ours, the torch of peace must be carried forward.

On this anniversary, remembrance is not passive. It is a moral stance. A commitment to choose peace where others choose force. To defend life where others gamble with death. To speak truth where silence is more convenient.

80 years later, Hiroshima still asks the same question:
Will we remember enough to ensure it never happens again?

Katanga, entre tragédie et pouvoir : le chef-d’œuvre Burkinabè projeté à Newark

Le samedi 2 août 2025, la salle Citiplex12 de Newark, New Jersey, a accueilli la projection du film Katanga, la danse des scorpions, en présence de personnalités telles que la Consule Générale du Burkina Faso à New York, Mme Estelle Segda/Gando, ainsi que plusieurs présidents d’associations et figures influentes de la diaspora. L’événement, orchestré par Yennega Movies sous l’impulsion du jeune réalisateur burkinabè Boukary Tiemtoré, s’inscrit dans une dynamique de promotion active du cinéma africain aux États-Unis. Déjà à l’origine de la diffusion de Bienvenue à Kikideni et réalisateur de films tels que  Le Rêve Américain de Malika ou Le Regret Fatal, Tiemtoré fait figure de relais culturel aux Etats Unis.

Les grands thèmes : pouvoir, culpabilité, trahison

Mais revenons à Katanga. Lauréat de l’Étalon d’or de Yennenga au FESPACO 2025, le film de Dani Kouyaté est une adaptation librement inspirée de La Tragédie de Macbeth de Shakespeare. Ce drame politique, tourné en noir et blanc et interprété en Mooré, explore les dérives du pouvoir absolu dans un royaume fictif du nom de Ganzurgu. Après l’échec d’un complot, le roi Pazouknaam nomme son cousin Katanga à la tête de l’armée. Encouragé par son épouse Pougnéré (incarnée magistralement par Hafissata Coulibaly), il assassine le roi Pazouknaam, pour accéder au trône. Commence alors une spirale de paranoïa, de trahisons, et de violences sans retour.

Le film explore des thèmes universels : la soif de pouvoir, la trahison, la culpabilité, la paranoïa, et le silence qui entoure les tyrans. La tragédie de Katanga, c’est celle d’un homme qui, à force d’éliminer ceux qui osent encore lui dire la vérité, perd tout lien avec la réalité… et avec son humanité. À la mort de son épouse, il envie même ceux qui peuvent encore pleurer.

Une prophétie au cœur du drame

« Tu seras roi… ou tu mourras. » Ainsi parle le devin, déposant dans l’esprit de Katanga une étincelle qui deviendra brasier. Aucune précision sur le moment, ni sur les conditions. Juste une énigme suspendue entre deux extrêmes : le pouvoir ou la mort.
Le film nous place alors au croisement de deux courants philosophiques. Le déterminisme, qui suppose que tout est écrit d’avance et que Katanga n’a fait qu’accomplir ce qui devait être. Et l’existentialisme, qui affirme que l’homme n’est rien d’autre que la somme de ses choix.

Si cette prophétie était véritable, pourquoi les gardiens de la tradition, ces masques sacrés descendus de la forêt viennent-ils le renverser ? Pourquoi parlent-ils d’usurpation, s’il ne faisait que suivre une voie tracée par le destin ? C’est là toute la force du récit : suggérer que la prophétie ne fut peut-être qu’un miroir tendu à l’âme de Katanga. Une possibilité, pas une sentence. Et ce n’est peut-être pas le destin qui l’a perdu mais sa soif.

Le rôle central des femmes : entre conscience, courage et rupture

Dans Katanga, la danse des scorpions, la femme n’est pas reléguée à l’arrière-plan. Elle est au cœur du drame, du pouvoir, et de sa contestation. Le destin du royaume bascule d’abord sous l’impulsion d’une femme : Pougnéré. C’est elle qui incarne la tentation du pouvoir absolu, manipulatrice, cynique, elle symbolise une ambition sans limite, déconnectée des conséquences humaines.

Katanga, la danse des scorpions de Dani Kouyaté : Au cœur des intrigues et complots politiques | Infos Sciences Culture

Image source: Infos Sciences Culture

Mais face à elle, d’autres figures féminines incarnent une force d’un tout autre genre. Une mère de famille refuse l’exil et de plier le genou devant le tyran. Sa dignité est sans compromis : elle choisit la mort plutôt que la soumission. Puis viennent les femmes du peuple, menées par Soubila  la veuve de Bougoum, frère d’armes et ami intime de Katanga, assassiné avec une cruauté glaçante. Balais à la main, elles envahissent les rues pour balayer symboliquement le mal. Elles ouvrent la voie, éveillent les consciences et préparent la chute du régime.

Quand le pouvoir ordonne de tirer, les soldats hésitent. Car devant eux se dressent leurs propres mères, leurs tantes, leurs grands-mères. Ces femmes deviennent le dernier rempart moral. Les soldats désobéissent. Ils choisissent l’humanité. Et l’on se souvient alors des mots du Capitaine Thomas Sankara : « Un soldat sans formation politique et idéologique est un criminel en puissance. » Dans Katanga, cette formation passe par le regard de celles qui donnent la vie et qui, parfois, doivent risquer la leur pour que le pouvoir retrouve sa juste mesure.

Un cinéma enraciné, universel, nécessaire

L’œuvre fascine également par sa direction artistique soignée : un décor mêlant tradition et modernité, un usage maîtrisé de la lumière, des coiffures et tenues symboliques… On y retrouve l’âme du cinéma Burkinabè, entre théâtre, spiritualité et critique politique. Le casting, porté par plusieurs figures emblématiques du cinéma Burkinabè, offre un jeu d’acteurs remarquable, tout en justesse et en intensité. Malgré la gravité du propos, l’humour affleure çà et là, preuve du génie du réalisateur.

Katanga n’est pas seulement une tragédie portée à l’écran. C’est une œuvre miroir: de l’Afrique, de l’homme, du pouvoir. Une fresque dense où se croisent politique, spiritualité, courage civil et mémoire collective. En redonnant au cinéma africain ses lettres de noblesse à l’international, Dani Kouyaté signe un film nécessaire, à la fois enraciné et universel.

Merci à Yennega Movies de nous avoir offert cette traversée cinématographique sur les terres américaines. Ce genre d’initiative nous rappelle que le cinéma Burkinabè n’a pas dit son dernier mot. Il observe. Il parle. Et parfois, il interpelle.

La Nuit de l’Entrepreneur : la diaspora Burkinabé à l’honneur à New York

New York, 25 juillet 2025 – À l’occasion de la cinquième édition de la Foire Entrepreneuriale de la Diaspora, l’Union de la Diaspora Burkinabè-USA (UDB-USA) a tenu La Nuit de l’Entrepreneur, une soirée de gala à l’honneur les femmes et les hommes de la diaspora qui œuvrent, à travers l’entrepreneuriat, pour leur autonomisation et le développement de leurs communautés, des deux côtés de l’Atlantique.

La cérémonie a débuté dans une atmosphère solennelle avec l’hymne national du Burkina Faso, un moment empreint d’émotion et de fierté pour les nombreux invités présents. Dans son mot d’ouverture, le Secrétaire Général de l’UDB, Monsieur Hilaire Yaméogo, a salué la présence des autorités consulaires, des partenaires et des membres de la communauté. Il est revenu sur la genèse de l’Union, créée en 2018, et en a rappelé les objectifs : promouvoir l’entrepreneuriat au sein de la diaspora, créer un espace de mise en réseau et d’échange, le tout dans une dynamique apolitique et à but non lucratif.

La marraine de la soirée, Madame Blandine de Dieu, a pris la parole pour exprimer sa gratitude face à l’honneur qui lui était fait. Elle a salué l’initiative et encouragé les organisateurs à poursuivre cette mission noble de valorisation des compétences et des réussites issues de la diaspora.

Son Excellence Madame Estelle Pélagie Segda/Gando, Consule Générale du Burkina Faso à New York, est ensuite intervenue. Elle a ouvert son allocution par une minute de silence en hommage aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et aux Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) tombés au Burkina Faso. Dans un message empreint de dignité et d’engagement, elle a salué la dynamique portée par l’UDB et réaffirmé le soutien du consulat à toute initiative visant à structurer l’action de la diaspora.

Un moment fort de la soirée a été la remise de distinctions à plusieurs membres et soutiens historiques de l’UDB. Monsieur Daouda Zeguime, membre de l’équipe organisatrice, a remercié les anciens présidents ainsi que les figures de la communauté qui ont accompagné l’initiative depuis ses débuts. Parmi les personnalités mises à l’honneur figuraient notamment Gouem Abdoul, Boukary Zagré, Line Bassinga, Mouna Gouem et Jacob Nitiema. Un hommage appuyé a également été rendu aux sponsors, grâce à qui l’organisation de cette soirée et de l’ensemble des activités de la Foire a été rendue possible. Dans son intervention, Daouda Zeguime a tenu à rappeler que l’UDB œuvre à la fois pour l’insertion professionnelle des Burkinabè aux États-Unis, mais aussi pour leur réinsertion économique et sociale au Burkina Faso à travers des projets structurants.


La seconde partie de la soirée s’est déroulée dans une ambiance festive et chaleureuse. Plusieurs artistes vivant aux États-Unis et d’autres venus pour l’occasion ont offert des prestations remarquées, parmi lesquels Ivano, Manaja Confirmé, Lino 46, Fandy la Marraine et Queen Tifa. Le public a également eu droit à un élégant défilé de mode présenté par la styliste Caroline Nanéma, mettant en valeur des tenues en Faso Dan Fani, tissu emblématique de l’identité burkinabè. Entre musique, gastronomie et échanges conviviaux, les invités ont aussi pu assister à des partages d’expériences d’entrepreneurs de la diaspora, venus livrer leurs parcours et inspirer les générations présentes.

La Nuit de l’Entrepreneur a ainsi permis de célébrer la réussite dans toutes ses dimensions : économique, culturelle et communautaire. Plus qu’un gala, cet événement a réaffirmé la capacité de la diaspora burkinabè à se rassembler, à transmettre et à construire des ponts durables entre les réalités d’ici et les aspirations de là-bas.

Félicitations au comité d’organisation pour la qualité de l’événement, et sens de l’engagement. Rendez-vous est donné à toutes et à tous ce dimanche 28 juillet pour la suite des festivités, avec la grande foire, exposition et rue marchande, point d’orgue de cette 5e édition placée sous le signe de l’entrepreneuriat féminin et du rayonnement de la diaspora.